Dans la vie, il y a le quotidien. C'est prévisible, organisé et facile. On sait où on va, on sait d'où on vient et pratiquement aucune surprise ne viendra perturber un plan bien établi.

Et puis, en parcourant ces chemins bien droits et bien plats, d'où l'on distingue une horizon claire, nette et précise, parfois on tombe sur un croisement. Ce croisement propose plusieurs chemins qui se dirigent chacun vers une montagne, masquant totalement l'avenir.

Alors on s'assoie et on réfléchit. Cette montagne-ci est moins loin, au moins je serais fixé vite. Cette autre là, paraît plus verte, mais un petit nuage semble dépasser depuis sa face invisible. Une autre a l'air beaucoup plus petite et j'ai déjà l'impression de voir que derrière, tout semble inchangé.

Jusqu'à présent, une chance insolente a toujours éclaboussé chacun de mes choix. Derrière chaque montagne se cachait une prairie toujours plus verdoyante et les rares petits orages n'ont jamais duré longtemps.

Souvent je me demande ce que j'ai fait pour mériter une vie si facile. Et même comme ça, j'arrive pas à culpabiliser. Mes lunettes à filtre 200% d'optimisme me font voir une vie toute rose dans laquelle je me complais quoiqu'il arrive.

Je vous jure, pour la création artistique quelle quelle soit, je pars avec un très lourd handicap sur les dépressifs, les plus belles créations étant toujours sorties d'esprits tout cassés.

Depuis quelques semaines, je suis assis à un croisement avec vraiment aucune idée sur le chemin à prendre. Mais ce soir, poussé par la brise qui semble m'indiquer une voix, j'ai avancé un pied dans une direction. Juste un pied.

Et j'attends.

La brise va-t-elle continuer à souffler ? La pluie va-t-elle tomber ?

Et surtout, va-il enfin se passer quelque chose sur l'électrocardiogramme plat de mon humeur monotonement positive.

Serais-je en train de me plaindre d'être heureux ? L'Homme est vraiment un animal bizarre.

Sinon je voulais vous dire que si vous ne lisez plus rien ici depuis fort longtemps c'est parce que, pour le peu de temps que je lui consacre, ma prose est actuellement sujette à exclusivité. Le reste de mon temps libre étant fortement monopolisé par le sport à petite baballe. Je compte d'ailleurs bientôt m'installer un duvet entre deux poteaux rouge et blanc.

Mais bon, je suis toujours dans le coin avec quelques ébauches d'articles sous le coude, des nouvelles aussi. Il se pourrait qu'un jour je rouvre le robinet à mots.

So, see you there et restez à l'écoute.