Hier soir j'étais à une soirée qu'on pourrait qualifier de classique. Un appart assez grand, 60 personnes, un peu de bouffe et plein de bouteilles.

Je sais pas quel est le nombre exact de participants qui permet de passer de la petite soirée avec un seul groupe de gens, à la grosse avec pleins de petits groupes. Il doit falloir dépasser la vingtaine, parfois 15 ça passe mais selon la topologie des lieux c'est pas toujours le cas.

La soirée d'hier dépassait donc largement le quota et avait en plus l'intéressante qualité d'être organisée par plusieurs personnes qui avaient chacune invité des gens qui ne se connaissaient pas.

Ce genre de soirée passe toujours par une phase d'observation, chacun restant avec les gens qu'il connaît en appréciant le reste de l'assistance du coin de l'oeil. On repère les personnages particuliers : le(s) relou(s) qui fait(font) n'importe quoi, les gens qui restent assis, les sans-amis, la blonde qui fait laggle ...

Les interactions ne se font que par l'entremise de connaissances et les échangent restent timides.

Rentre alors en jeu le diluant social : l'alcool. Je pense qu'il faut au moins deux bonnes heures à l'alcool pour créer son effet magique dans une soirée et ce qui est génial c'est que le basculement dans le n'importe quoi est aussi soudain que violent. Les groupes se cassent, tout le monde parle à tout le monde dans un joyeux capharnaüm qui ne fait que s'amplifier jusqu'au paroxysme de la soirée où les gens dansent, courent, chantent. Les discutions deviennent tactiles et tout le monde s'aime. C'est le moment où ceux qui n'étaient que spectateurs deviennent aussi acteurs et ça donne à la soirée beaucoup plus de densité, beaucoup plus de potentiel.

Alors attention, je ne fais pas une ode à l'alcool, la méthode est discutable c'est certain mais c'est le résultat qui est intéressant. Même si toute cette agitation sociale reste souvent superficielle et qu'elle aboutit rarement à plus de 10% de réelle rencontre, elle permet de créer une ambiance vraiment particulière, où tout devient simple. Quoi que pourront trouver à y redire les bien-pensants, je pense que le rôle du psychotrope est essentiel à ce moment parce qu'il permet de faire tomber les barrières et du hors piste social qu'on ne pourrait pas faire sans, ou en tout cas pas de façon aussi intense. Evidemment, l'abus est à proscrire parce que de toute façon il fait repasser dans un état d'autisme complètement stérile et ça c'est un truc que les jeunes ont souvent du mal à comprendre quand ils découvrent l'alcool. Ils ne savent pas boire immodérément avec modération et ils oublient que l'alcool n'est pas une fin mais un moyen.

Personnellement, j'apprécie d'autant plus ce genre de moments que les études étant finis, ils se font rares et que la vie professionnelle apporte son lot de monotonie qui rendent obligatoire une évasion vitale. Je pense que ça aide à rester plus équilibré mais sans en abuser comme toute bonne chose sous risque d'en altérer le goût.

Et le lendemain, quand le petit lutin vient me filer des coups de marteau sur le crâne pour me rappeler le prix à payer d'une bonne soirée, les souvenirs des bons moments permettent d'adoucir la douleur et me remplissent du meilleur carburant qui soit, cette allégresse qui me fera aller au boulot avec le sourire.

Santé !