Rappelons le, le handball était le seul sport collectif où nous avions une équipe qualifiée, et en l'occurrence, nous en avions deux. Une petite pensée pour les filles qui après avoir bafouillé en phase de poule, se sont bien reprises ensuite même si leur 5ème place ne reflète pas le niveau qu'elles ont réussi à montrer dans les derniers matchs.

Concernant l'équipe masculine, elle arrivait dans ce championnat avec la casquette d'archi-favori du tournoi avec le meilleur joueur du monde Nikola Karabatic, le meilleur gardien du monde Thierry Omeyer et le meilleur défenseur du monde Didier Dinar. En plus de tout ça, des ailiers voltigeurs incroyables et un pivot, Bertrand Gilles, monstrueux.

Pour ceux qui ont un peu suivi les jeux (c'est à dire tout le monde sauf ceux qui se sont enfermés dans une grotte), vous avez pu suivre que les résultats de nos athlètes dans les disciplines où ils étaient favoris n'a pas été du tout à la hauteur. Les handballeurs français, baptisés les « Experts » pour suivre la tradition de donner un surnom aux équipes depuis les « Barjots » de Jackson Richardson, ont eux tenus leur rang et avec la manière.

Après avoir survolé la phase de poule avec 4 victoires et un match nul, ils ont écoeuré les russes en quart de final avant de se sortir du piège croate, champions olympiques en titre, en demie, laissant le deuxième joueur du monde, Ivano Balic, aux portes de la finale.

Les joueurs français se retrouvaient donc logiquement en finale mais pas contre l'Espagne, surprise par une équipe d'Islande pas du tout attendue à ce niveau.

Les Experts étaient dans une position qui aurait pu se révéler compliquée en étant opposés à une équipe islandaise en pleine euphorie et n'ayant rien à perdre car finissant un tournoi déjà réussi pour eux.

Mais le miracle ne s'est pas produit et nos champions ont tout de suite pris le jeu à leur compte en ne prenant pas les islandais à la légère comme l'avait fait les espagnols en demie finale. S'appuyant sur un Omeyer hallucinant, un Karabatic tout en puissance pour finir meilleur buteur de la finale et un Cédric Burdet qu'on attendait pas aussi décisif, les français ont creusé rapidement l'écart pour prendre la tête du match et ne jamais plus être inquiété. Au bout de 20 minutes, le score venant appuyer ce que nous pressentions déjà depuis le début, en menant 12-6, les français étaient de toute façon imbattable aujourd'hui. Et malgré leur supériorité, ils ont continué à jouer avec sérieux et application, comptant jusqu'à 9 buts d'avance en deuxième mi-temps avant de se relâcher un peu à la fin, notamment sous un sursaut d'orgueil des islandais qui terminaient cette finale la tête haute, à l'image de leur gardien venant contrarier les shooter français.

Mais c'était trop tard, les français étant trop forts pour tout le monde dans ce tournoi olympique et même si cette victoire était pressentie et attendue, la joie n'en a pas été moins forte. Au coup de sirène finale, les joueurs ont sauté, hurlé, chanté et remercié leurs spectateurs avant d'aller prendre les courageux islandais dans leurs bras, eux même peu déçus car jamais ils n'ont eu d'espoir dans cette finale qui ne fut que le jubilé d'une génération dorée de handballeurs, champions du monde, champions d'Europe et maintenant, champions olympiques.

Le handball a le plus beau palmarès du sport collectif français, acquit seulement en 15 ans exceptionnels, depuis la fameuse médaille de bronze des Barjots à Barcelone.

J'espère que cette finale et cette équipe vous auront fait vibrer autant que moi et que notre sport y gagnera une petite part de plus dans le monde du sport en ramenant dans nos gymnases toujours plus de joueurs, de spectateurs et de médias.

Merci les gars !