Je ne tergiverserai pas, pas de résumé du week-end minute par minute, d’autres l’ont déjà fait. Il s’est passé un évènement que je n’imaginais pas si chargé en émotions pour moi et c’est ça que je veux raconter.

Quand j’étais petit, je faisais une classe « horaires aménagées » musique et paradoxalement, j’en écoutais peu. Ça ne m’intéressait pas plus que ça. Comme mes potes écoutaient Skyrock, j’écoutais Skyrock et du coup j’écoutais du Rap. Sans aimer ça plus que ça mais sans détester non plus.

Et puis un jour, comme je l’ai déjà raconté ici, un pote m’a fait découvrir un groupe qui fut la porte d’entrée vers un monde musical que me parlait enfin vraiment et qui m’a incité à persévérer, fouiller, écouter. Ce groupe c’est The Offspring.

J’ai écouté longtemps, très longtemps, la cassette qui contenait Smash d’un côté et Americana de l’autre. Elle a surement tourné 1 million de fois dans mon walkman … dans mes walkman car elle a survécu à plus d’un Panasonic, épuisés par l’inusable punk californien.

Évidemment j’ai fini par passer à autre chose, d’autres sons, d’autres coups de cœur. Et j’avoue que ces dernières années j’étais devenu bien incapable d’écouter du Offspring. Overdose. Les derniers albums franchement moyens n’aidaient pas.

Quand j’ai vu qu’ils étaient à la programmation des Eurocks de cette année, ça ne m’a pas fait réagir plus que ça. Le reste de la programmation ne m’attirant pas des masses, je n’étais même pas super motivé pour y aller. Finalement, c’est plus la perspective de passer du temps avec des gens que je ne vois plus beaucoup (comme l’autre espèce de bucheron qui traine souvent dans le coin) que je me suis décidé.

Une fois aux Eurocks, je me suis aperçu qu’en fait j’attendais ce concert avec impatience, que j’allais voir les bonshommes qui, mine de rien, avaient rythmé mon adolescence. Plus l’heure fatidique approchait et plus j’avais hâte.

Et franchement, j’ai pas été déçu.

Les pluies de la nuit précédente ayant transformé la fosse de la grande scène en mare de boue, avec Olivier on avait prévu de rester un peu en arrière histoire de pas patauger et quand même bien profiter.

Mais dès les premières notes, les vieux californiens nous font sentir qu’ils ne se sont pas déplacés en France juste pour le vin. Déferlante de gros son comme une tarte en pleine tronche qui me réveille d’un sommeille d’une décennie. Ça y est j’ai 15 ans, je suis fan d’Offspring et je connais de nouveau toutes les chansons par cœur.

Alors que nous pensions être derrière le pogo, la foule autour de nous s’embrase sous la puissance de la musique. Je n’ai jamais vu un pogo aussi grand aux Eurocks depuis que j’y vais et le concert n’a commencé que depuis 30 secondes. Mais de toute façon ça n’a plus d’importance maintenant puisqu’Olivier et moi avons, comme les autres, commencé à sauter dans tous les sens dès les prémices de cet ouragan sonore.

Comment ai-je pu imaginer rester en arrière pendant The Offspring ?

Au bout d’une vingtaine de minute, je suis à 5m de la scène, déjà à bout de souffle. J’ai perdu Olivier (du coup je prends les slameurs sur laggle) mais heureusement, le groupe entame une chanson récente que je ne connais pas (et apparemment 80% des gens autour de moi non plus) qui permet donc de souffler 3 minutes (on saute quand même vaguement histoire de dire). Puis l’hystérie reprend de plus belle avec tous les vieux titres qu’on adore. Une chose est sur, dans le pogo c’est les vieux comme moi qui on prit le pouvoir et qui reprennent par cœur toutes les chansons de Smash et Americana qui ont plus de 10 ans ! Je ne suis pas le seul à revivre mon adolescence. Finalement, le concert se termine sur un faux rappel (une spécialité des Eurocks) pendant lequel le public entonne : la la lalalaa la la lala lalaa près de 5 minutes durant.

Les ‘ricains reviennent, Noodles nous dit qu’on est fucking amazing, Dexter dit yeah et c’est reparti pour la chanson mythique que tout le monde réclamait : Self Esteem. Derniers sauts, dernières mains levées, derniers applaudissements et c’est terminé.


Découvrez The Offspring!


Déjà ? J’ai pas vu le temps passer mais je suis complètement éclaté, ma bouche est pleine de terre, mon jean est lacéré. Vite une bière. Au final, de ce genre de concert on ne garde vraiment que des sensations, des sentiments mais difficilement des images bien nettes tellement l’émotion est forte. Personnellement, quand je pars dans un pogo d’un groupe que j’adore, je fonds un fusible et je saute dans tous les sens en chantant. Les dents cassées on les compte qu’à la fin.

Ce qui est dingue c’est que depuis que je suis rentré, je chatonne du Offspring toute la journée quand je mets pas Smash sur Deezer pendant le boulot.

Je crois que je vais garder mes 15 ans encore quelques temps :)