Donc si la semaine dernière vous étiez dans une cave à jouer à Mario Kart grotte et que vous n’en sortez que pour lire mon blog (très bon choix mais vous sortez pas souvent), vous avez raté LE scandale politico-bobo-crétin qui a fait bondir la France entière et friser le brushing de Rachida.

Mais avant d’en pleurer, commençons par en rire.



Huhu, qu’ils sont potaches chez Charlie Hebdo.

Le cœur de l’affaire c’est donc ce mariage annulé pour cause de pièce manquante sur madame au grand désespoir de monsieur. Là vous me direz, ça craint un peu que la justice autorise ainsi la religion à s’immiscer dans une décision de justice de notre république laïque. La religion c’est sympa (ou pas), c’est rigolo (ou pas), ça fait des jolis cathédrales/temples/mosquées/… mais à un moment faut quand même être sérieux.

Certes. Et c’est pas le grand ennemi de toute forme de religion quelle qu’elle soit que je suis qui vous dira le contraire. Et pourtant cette interprétation facile montre un cruel manque de recul.

Et lorsque Libération a sorti cette vieille affaire (2006 quand même), je pense qu’ils avaient bien compris qu’elle ferait débat. Comme une sorte de grand test à l’échelle nationale, chacun devant choisir un camp ou l’autre.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Les mots « honte », « effroyable », « catastrophé » ont fleuri dans la presse et dans les bouches de nos intellectuels (ou pas) et de nos politiques.

Mais la réaction de loin la plus intéressante, est venue de la Garde des Sots, Rachida Dati. En effet, celle-ci a commencé par défendre la décision de justice, arguant que cette annulation permettait avant tout de « protéger la personne qui souhaite peut-être se défaire du mariage, parce que je pense que cette jeune fille (...) a souhaité également, sans doute, se séparer assez rapidement ».

Même si la raison invoquée n’est pas vraiment la première idée qui me serait venue, la ministre montre quand même un certain bon sens à ne pas amener la religion dans le débat et rester sur la question pratique.

Hélas pour elle, son revirement de position ce lundi a fait voler en éclat le mince voile de crédibilité qui la nimbait encore : « cette affaire privée dépasse la relation entre deux personnes et concerne l’ensemble des citoyens de notre pays, et notamment les femmes ». Et hop, un deuxième petit coup de poil aux jambes parce que c’est toujours vendeur au niveau de l’opinion, mais dans l’autre sens, ses conseillés l’ayant certainement informée que le camp des « choqués » était plus vendeur que l’autre.

La cerise sur le pompon fut sa remarquable sortie à l’Assemblée Nationale contre les socialistes : « avaient abandonné nombre de jeunes filles dans les quartiers difficiles entre les mains des grands frères ». Et voilà, le raccourci est fait et bien fait. Tout ça c’est la faute des racailles musulmanes des cités.

On rappellera pour la petite histoire, que le marié, bien qu’effectivement de confession musulmane, est quand même ingénieur. Pour la racaille dealer de shit, on repassera.

Bon Rachida n’a pas dit que ça, n’a pas été la seule à piocher dans ces arguments et j’extrapole très librement ses propos. Néanmoins, le cœur du problème est là et la question que l’on pourrait se poser est : qu'en aurait-il été si le couple avait été catho ? (les conneries de virginité étant communes aux deux religions)

Car la décision de justice n’est pas « le mariage est annulé car la mariée de confession musulmane n’a pas respecté le devoir de virginité auquel l’engage sa religion », ce qui serait effectivement choquant. Mais « pour erreur sur les qualités essentielles du conjoint », ce qui se traduit en langage courant par mensonge. En effet, dans ce couple musulman, les deux parties établissent que la virginité de madame est, disons, un pilier de l’engagement. La mariée ayant menti à ce sujet à son conjoint, la confiance est rompue et, toujours pour eux, l’union n’est plus viable.

Même si la cause est discutable, la conséquence est bien réelle et donc la décision de justice tout à fait compréhensible dans ce cas. Après, on peut se demander dans quelle mesure peut être appliqué ce principe. Mise en situation :

Robert : « Marise m’avait juré qu’elle aimait les voiture bleues mais elle n’aime que les rouges. Monsieur le juge, elle m’a menti, je vous demande d’annuler ce mariage. »

Le Juge : « snif… »

Enfin voilà, tout ça pour dire que le débat autour de ce pas-sujet a été assez surréaliste, surtout quand on sait que l’annulation du mariage s’est fait d’un commun accord entre les deux parties. Mais non, pour que les bobos crétins bien pensant puissent dormir tranquilles, on va te me les remarier et puis c’est tout. Non mé.

A lire sur le sujet, les différents articles de l’excellent Eolas.