L’éducation c’est vraiment un thème central pour moi quand on parle de sociétés parce qu’elle est la première cause de toutes les conséquences. L’éducation c’est ce qui transforme l’animal instinctif en homme réfléchi.

L’éducation consiste à donner des repères et des références sur lesquels on pourra appuyer nos certitudes, nos réflexions, nos décisions. Nos premiers repères étant donnés par nos premiers modèles : nos parents.

Est-il encore besoin de rappeler à quel point l’éducation donnée par les parents est importante ?

Apparemment oui, hélas.

Je demandais à mon père ce qu’il pensait des suppressions de postes ou encore d’une réflexion qu’on entend souvent de la part des pro-réformes : « La gauche a ouvert les robinets sous Jospin et ça n’a rien réglé ».

Pour lui, c’est effectivement le cas. Beaucoup de moyens ont été octroyés à l’éducation nationale sous la gauche et les résultats n’ont pas été à la hauteur des espérances.

Mais pourquoi ce manque de résultats ? Le régime d’optimisation voulu par le gouvernement actuel va-t-il pouvoir y changer quelque chose ?

Avant de continuer, je voudrais vous rappeler le but de l’enseignement scolaire et le rôle de l’enseignant. Pour moi (je préfère le repréciser), l’enseignement que l’on reçoit du CP à la 3ème (après c’est différent) a pour but de nous donner les outils qui nous permettront d’évoluer dans la société. Que ce soit l’apprentissage du français (ou autre langue) et des mathématiques qui constituent la base du reste ou encore de l’histoire pour mieux comprendre où l’on vit et comment on en est arrivé là. Ces années permettent aussi d’apprendre la vie en communauté, le partage, le respect, l’écoute … Dans ce système, l’enseignant adopte une position de guide et d’encadrant. Son but est d’amener les enfants à découvrir et comprendre cet amas de connaissances, de leurs donner un sens et une structure pour faciliter l’apprentissage.

L’enseignant n’a qu’une part assez faible de responsabilité dans les résultats puisqu’ils dépendent d’une part des capacités des élèves et d’autre part de leur implication. En effet ce dernier point est crucial, si les élèves n’apprennent pas leurs leçons, ils ne peuvent pas être bons. Et c’est là qu’entre en jeu les parents et leur éducation.

Le problème actuel qui explique en grande partie le manque de résultats de l’éducation nationale, vient très probablement de l’évolution de notre société dans la relation parent/enfant et dans les nouveaux modes de consommations. Je ne vais pas détailler mais les conséquences directes sont que les enfants ont accès à beaucoup trop de choses pour un minimum d’effort et que les parents, trop absents ou crevés quand ils rentrent du travail, ne font plus l’effort d’implication et de modération nécessaire.

En passant, merci au président pour son slogan que je me permets de le compléter : « Travailler plus pour gagner plus et éduquer moins »

On a donc d’un côté les enfants qui ne comprennent pas pourquoi ils devraient faire un effort pour apprendre leurs leçons alors qu’à la maison ils ont ce qu’ils veulent à porté de main. De l’autre, les parents qui pensent qu’ils confient leurs gosses à l’école le matin et que le soir ils vont les récupérer plus intelligents. Hop magie. Evidemment comme ça ne fonctionne pas, les parents se plaignent des enseignants. Prononcez le mot « parents d’élèves » devant un instit (les profs étant un peu plus épargnés) et vous pourrez voir son visage se tordre en un rictus d’effroi et d’horreur.

Si vous saviez le nombre d’instit qui font des psychothérapies, je pense que vous seriez assez étonnés (il existe même des centres spéciaux pour les grosses dépressions).

Voilà où on en est, même si il y a d’autres facteurs qui rentrent en jeu pour expliquer « l’échec scolaire ». Je pense à la dévalorisation des filières techniques et professionnelles, et la relation à l’autorité (et le retour du service militaire, pourquoi pas ?).

Alors quid des réformes actuelles ? Du brassage de vent bien sur. On change les programmes et les courants pédagogiques comme on l’a toujours fait histoire de faire quelque chose.

Pire, l’éducation nationale est trainée sur des terrains douteux entre l’élitisme et l’accentuation des clivages sociaux (suppression de la carte scolaire) ou encore le retour à des méthodes pédagogiques complètement débiles (le par-cœur).

Où comme d’habitude, on nous propose des mesures de court terme qui ne donneront aucun résultats visibles puisqu’il est complètement impossible d’avoir des résultats visibles sur le court terme en ce qui concerne l’éducation. Les résultats se distillent à travers tous les aspects de la société sur le long terme avec des citoyens plus réfléchis et plus impliqués, moins de criminalité etc.

Mais le long terme, ça fait pas gagner les élections.