Si vous n'avez jamais fait de salon pro, c'est exactement la même chose qu'un salon étudiant. Sauf qu'à la place des écoles et autres universités dans les petits box, ce sont des sociétés qui présentent leurs produits et leurs services à grands coups de slogans colorés, de commerciaux brushingués et de poufiasses mono-neuronnées.

Le but du jeu est donc de se promener dans les allées et écouter discourir les vaillants exposants partis pour un marathon de trois jours à répéter inlassablement leur déballe 200 fois.

Personnellement, j'aime bien cette petite ambiance de salon et je me revoie de l'autre côté du comptoir à déblatérer sur mon IUT puis mon école d'ingé quand je partais sur les salons étudiants. Mais pour cette fois-ci, nous n'étions que visiteurs/espions.

Dans un salon il y a également les fameuses conférences. Les sujets sont variables, de la présentation purement commerciale d'un produit par une société, à des petits débats entre professionnels. Dans cette édition, le thème général était « l'état de l'art du M2M » ce qui sous-entendait un bilan sur un ensemble de choses (j'ai dit que je rentrais pas dans les détails mais si ça vous intéresse ...). La totalité des conférences a donc regroupé des spécialistes issus des grands acteurs de ce marché bien particulier.

Nous étions donc plongés à la pointe de la technologie et du business. Autant vous dire qu'à Amplepuis, on est un peu loin de tout ça et ça surprend.

Le plus amusant, c'est l'utilisation plus que de raisons des mots anglais. Pratiquement tout le vocabulaire technique est en anglais ce qui peut se comprendre mais parfois, les conférenciers utilisaient des mots anglais pour tout et n'importe quoi. Business touch quoi. Mais bien entendu, chaque mot était prononcé avec notre bon vieil accent rugueux qui va si mal à la langue de Shakespear.

Puis à la deuxième conférence, l'animateur annonce un invité de dernière minute, un spécialiste suédois. Celui-ci se trouvant relégué en bout d'estrade sur une pauvre chaise isolée même pas en face de la table où se trouve les autres. L'animateur nous annonce donc qu'il prendra quelques instants pour traduire les interventions à notre pauvre ami malheureusement pas francophone.

Là dessus on se regarde avec Ad, atterré par nos compatriotes, incapables de faire l'effort de passer à l'anglais alors qu'il est certain que tout le monde comprend l'anglais dans l'assistance. Surtout que nous avons croisé pas mal d'anglophones dans le salon et qu'il aurait été de bon ton de faire toutes les conférences en anglais pour en faire profiter tout le monde.

Mais nous sommes en France ...

Le pauvre suédois aura certainement été content de faire le déplacement pour se voir traduire environ 1/10ème de la conférence et voir ses interventions lamentablement traduites par l'animateur peu inspiré (la traduction en direct ça s'improvise pas).

Ce petit paradox était donc amusant. Voir ces gens se complairent dans un anglais de mode mais refusant de mettre un peu de conjugaison et de grammaire anglaise (et un peu d'accent, soyons fou) entre ces mots qui leur plaisent tant.

Et après on s'étonne que les français soient mauvais en langues étrangères ...