Quand je dis « nous », j'englobe les sportifs en général et d'ailleurs si des non-sportifs passent par là, je serais très curieux de savoir pourquoi ils n'aiment pas le sport (oui c'est difficile à imaginer pour moi). Attention je parle bien de la pratique du sport, je conçois tout à fait qu'on puisse ne pas aimer en regarder à la télé.

Pratiquer un sport, que se soit pour la compétition ou en loisir, c'est avant tout s'attacher à des règles précises qui déterminent un but à atteindre et un comportement général à tenir. Je pense que cet aspect est assez important parce qu'il est rassurant. Dans la jungle de la vie ou chacun est livré à lui même pour trouver sa place, la pratique du sport permet, le temps d'une partie, de suivre un fil, une route tout tracée sans se poser de question. Il faut agir strictement selon le code défini par le sport et ainsi atteindre le but recherché, ce qui amènera à coup sur la gratification en cas de réussite.

En écrivant ces lignes, je pense au film « Fight Club » qui en est une mise en scène exagérée. Cette multitude d'individus paumés qui adhèrent au « Club » et en deviennent des membres fanatiques car par son code il donne à leurs vies un cadre.

Le sport est également pour cela un très bon moyen d'intégration pour les jeunes « dé-socialisés ».

Pour atteindre ce fameux but et concrétiser les efforts mis en oeuvre, il faut se dépasser. L'homme se transforme alors en sportif de par son implication (physique et psychologique) à chercher à faire toujours plus vite, plus fort, plus précis etc. Et de la réussite de l'objectif concrétisée par ses efforts, il tire un sentiment d'accomplissement difficilement descriptible, comme une grande libération, un soulagement mêlé de fierté. Le soulagement d'avoir atteint le but recherché et d'être ainsi reconnu pour son travail et son talent par ceux avec qui l'on partage le sport.

Car c'est le dernier point important pour moi dans le sport. Sûrement le plus important d'ailleurs. L'homme se construit et construit sa personnalité dans le regard des autres, dans leur reconnaissance. Or, quel meilleur façon, la plus simple, d'être reconnu que par le sport. La réussite permet de s'attirer respect et admiration, d'être aimé.

Parce que quel peut être le plus grand moteur de la vie que l'envi d'être aimé ? (oui ça fait très chanson de Johnny comme formulation j'avoue)

Quand je marque un but le samedi soir en lâchant un tir improbable dans une position impossible, ma plus grande récompense est d'entendre les applaudissements du public à qui je rend son amour par un rugissement et un poing levé.

Quand des larmes me sont montées après un match perdu il y a trois semaines, ce n'est pas à cause des trois perdus au classement mais parce que mes coéquipiers m'ont remercié d'avoir tout tenté alors que j'avais l'impression de ne pas avoir donné tout ce que je pouvais.

Je ne connais rien qui peut apporter des émotions aussi fortes que le sport, dans le bonheur comme dans la désillusion d'ailleurs. J'en ai eu un bon exemple ce week end. Mais qu'importe le résultat. Tous les samedis soirs, je deviens un joueur de hand à travers les yeux du public et de mes coéquipiers. Tous les samedis soirs, je suis moi, plus que jamais moi.