J'ai découvert Amélie Nothomb grâce à Dam il y a trois ans à peu près et je suis tombé sous le charme de ce style déjanté si particulier. Amélie Nothomb c'est de la street littérature. C'est un concept assez difficile à expliquer mais disons que c'est une recette à base de velour de la langue française dans ce qu'elle a de plus recherché (de jolies tournures, des mots compliqués) cassé par de la vulgarité bien placée (dans le sens vulgo pour populaire et pas grossier). Ça donne donc quelque chose de très agréable à lire et en même temps très dynamique. Les mots rebondissent dans tous les sens et vous font tourner la tête.

Amélie Nothomb a deux sujets de prédilection qui occupent une bonne partie de son oeuvre : elle et les meurtriers. Je n'ai pas encore lu énormément de ses livres (six je crois) mais à chaque fois il y avait l'un ou l'autre. Ni d'Eve ni d'Adam fait partie de la première catégorie.

Amélie est née et a vécu son enfance au Japon, je vous conseille la biographie sur Wikipédia si vous voulez en savoir plus ou la métaphysique des tubes pour tous les détails. Notre chère amie belge a donc gardé un amour particulier pour son pays de coeur et a décidé d'y retourner définitivement dès la fin de ses études. L'excellent Stupeur et Tremblements relate son expérience professionnelle dans une grande entreprise nippone. Dans Ni d'Eve ni d'Adam, elle nous raconte son retour au Japon avant de commencer ce travail puis sa vie en dehors de l'entreprise.

Une grande partie du roman relate bien sur les étincelles provoquées par les collisions inter-civilisations. Amélie n'ayant vécu au Japon que jusqu'à 5 ans, ses notions de japonnais ainsi que ses connaissances des improbables coutumes et notamment de la politesse ne lui donne qu'un aperçu de ce qu'elle va rencontrer. On va donc la voir évoluer dans ce Japon si étrange, notamment via sa relation amoureuse avec un jeune tokyoïte qui va lui faire se poser beaucoup de questions.

Je dois le dire, j'ai été un peu déçu par cet opus. Je n'ai pas retrouvé l'excitation intellectuelle que m'ont procuré les précédents. J'ai deux hypothèses : soit je me suis habitué au style, soit Amélie Nothomb a vieilli et s'est un peu assagie. Le livre reste tout de même agréable à lire et la facétie de cette jeune fille curieuse des gens reste attachante. Amélie est une bonne copine avec qui on ferait bien des road trips dans des coins reculés du monde pour explorer, découvrir, comprendre.

Un roman à déguster comme un bon vin ... mais qui n'a pas le piquant d'un bloody mary.