Deuxième contact avec le livre, le résumé en quatrième de couverture. Je déteste commencer un livre sans avoir une petite idée de ce dont il parle. Le résumé permet de chercher quelques repères auxquels on pourra s'accrocher pour mieux rentrer dans l'histoire. J'y découvre deux personnages : une concierge de 54 ans d'un immeuble bourgeois, au physique conforme à son emploi et qui cachent à ses employeurs son intelligence et sa culture à grand renfort de clichés. Pas super glamour comme personnage. L'autre est une petite fille de 12 ans, vivant dans le même immeuble mais de l'autre côté de la barrière sociale. Cette enfant, également plus intelligente qu'elle ne le devrait, cache un secret : elle a décidé de se suicider le jour de ses 13 ans.

Pitch énigmatique qui ne m'en dit pas beaucoup plus sur ce que je vais trouver dans le livre.

Je commence donc le bouquin et arrive au 7 rue de Grenelle, scène du récit et des pérégrinations de mes deux héroïnes si communément atypiques ... à moins que ce ne soit l'inverse.

Le travail sur les personnages est recherché mais étrange. Je n'arrive pas à m'intéresser à elles, à être curieux de leur sort. Pourtant le livre se lit particulièrement bien. Les deux personnages sont des reflets à travers lesquels l'auteur fait passer ses goûts, ses réflexions, ses idées, sa sensibilité sur tout et rien. On a l'impression de discuter avec une vieille copine autour d'un thé et c'est très agréable.

Muriel Barbery est apparemment particulièrement férue de culture japonaise et tout le livre est teinté de références, comme un fil rouge. Une connaissance des mangas et sushis semblant être pour elle une condition sine qua non du droit à la reconnaissance intellectuelle. Ça ne peut que me plaire personnellement mais je pense qu'un lecteur pas du tout sensible aux charmes du pays du soleil levant pourrait le prendre plutôt mal.

Au final, je dévore effectivement le livre assez vite, en moins d'une semaine, et j'en garde un très bon souvenir. J'adore lire des auteurs féminins. Leur sensibilité dans le détail des sentiments, des relations entre personnages rend la lecture vraiment agréable. Mais là, le style est particulièrement fin, tout en étant un peu excentrique, comme l'est celui d'Amélie Nothomb, en beaucoup mieux écrit.

Je vous conseille donc ce livre, à lire au coin du feu avec une couverture sur les genoux. Vous passerez un moment agréable et enrichissant. En plus, vous pourrez vous la péter aux repas mondains parce que vous saurez enfin en quoi un hérisson est élégant.