Quel mec n'a pas déjà couru les magasins à la recherche d'un cadeau à l'arrache un 24 décembre ou un 14 février pour sa copine alors que celle-ci le serine depuis des mois qu'elle a trouvé une idée génial. Noël ou anniversaire, la sentence est toujours la même : il faut trouver le cadeau génial pour la tendre moitié prête à vous sauter à la gorge en cas de dérogation à la tradition. Je ne sais pas pourquoi les femmes attachent autant d'importance aux cadeaux alors que les hommes ont plutôt tendance à s'en moquer. Vous serez bien d'accord avec moi sur le fait qu'offrir un cadeau le jour de Noël ou de l'anniversaire, ça ne va pas le rendre plus beau ni plus résistant ni ce que vous voulez, que de l'offrir un autre jour de l'année. C'est donc bien un symbole. Personnellement ça me fait chier parce que quand je trouve un truc pour quelqu'un, j'ai envi de lui offrir tout de suite mais me forcer à chercher quelque chose, je trouve ça particulièrement hypocrite. Devoir chercher une idée et être satisfait d'être débarrassé du fardeau plutôt que du plaisir d'avoir un cadeau à offrir, ça me fait toujours culpabiliser.

La soirée du 31 décembre. Cette soirée je pense que c'est la pire de l'année. Le 31 décembre il FAUT faire une fête géniale, fantastique, grandiose et tout ce que vous voulez. Quand je vois des gens se prendre la tête parfois ça fait vraiment peur. Je trouve qu'il n'y a rien de pire que de se mettre à ce point la pression pour une soirée qui ne sera rien d'autre qu'une soirée mais le 31 décembre. A moins de pouvoir mettre les moyens de se faire une soirée vraiment particulière. Mais préparer une soirée comme les autres c'est à dire bouffe, alcool, musique etc, en pensant que le 31 décembre va créer une ambiance de folie yeah baby move your boby on the dance floor, je dis non. On va se forcer, on va en faire trop, on sera déçu ou on aura vomi. En plus, on ne peut jamais faire la soirée avec tous les gens qu'on voudrait, surtout ceux qu'on ne voit jamais, car tout le monde s'éparpille à 36 soirées différentes. Quand on y pense c'est complètement con, on ferait la même soirée n'importe quel autre jour, au moins tout le monde serait disponible. MAIS symbole toussa.

Alors qu'il n'y a rien de mieux qu'une soirée à l'improviste sur un coup de tête, pas prévue et qui devient mythique parce que ce soir là, les gens qui y étaient ont spontanément eu envi de faire la fête et ne se sont pas forcés. Mais c'est certain que dans ce cas, on ne touche qu'un cercle restreint, proche, de personnes que l'on voit souvent.

Les cartes de voeux. Qui ici envoie des cartes de voeux ? La première réaction de mon cerveau horriblement pragmatique est de dire ça sert à rien. Certes. Mais pourtant un paquet de cartes de voeux voyagent au mois de Janvier. Les cartes de voeux permettent aux gens de montrer à leurs amis et familles qu'ils pensent à eux. Elles permettent de consolider les fils qui tissent leur toile sociale grâce à une bonne raison d'établir un contact à intervalle régulier, aussi bref soit-il.

Evidemment, le problème est le même que pour les cadeaux, on se force alors qu'on pourrait passer un coup de fils n'importe quand dans l'année pour papoter et prendre des nouvelles. Mais pourtant je me dis que si j'envoyais des cartes de voeux à tous ceux qui ont été mes amis au cours de mon parcours, j'aurais certainement gardé plus d'amis.

Parce que finalement ces symboles qui ponctue notre vie, et dont je n'ai pris que quelques exemples isolés, nous donne des prétextes à la socialisation.

Les question sont : Qu'est-ce qui se passerait si il n'y avait ni Noël, ni Pâques, ni Jour de l'an ? Si aucune date n'était plus particulière qu'une autre ? Si nous n'avions rien de particulier à fêter ?

Ferait-on des repas de familles ? S'offririons nous vraiment des cadeaux ?

Me forcer à réfléchir sur le sujet des symboles dans notre société, d'y chercher les points positifs et négatifs me pousse à revoir mon jugement souvent critique et du coup, j'ai du mal à finir ce billet. Je ne sais plus trop où je voulais en arriver parce que je ne suis plus tellement certain de mon opinion.

Finalement, ma conclusion serait que s'ils n'existaient pas dans l'état, nous en trouverions certainement d'autres car ils permettent de ponctuer notre vie de moments particuliers, de jours pas comme les autres. Ils créent une rupture avec un quotidien stéréotypé, cadencé et bridé, en nous permettant de sortir d'un cadre social qui parfois nous étouffe grâce à des comportements inhabituels.

Ils ne sont peut être qu'une réponse malsaine à laquelle on s'accroche parce que nous n'avons que ça. Je n'ai pas développé le fait que ces moments d'intensité sociale vont enfoncer encore plus ceux qui justement n'y ont déjà pas accès au quotidien. On n'est jamais plus seul qu'un 24 décembre. Deuxième effet kiss pas cool.

Dans cette société qui pousse de plus en plus l'individu à se tourner vers son nombril, je pense que ces moments particuliers prennent leur importance et qu'il ne faut pas les bouder. Je reste d'avis que plus de spontanéité, notamment pour les cadeaux, ça ferait pas de mal. Mais je continuerai à culpabiliser en cherchant mes idées pour Noël en me consolant en pensant que j'ajoute ma pierre au rempart anti-individualisme contre le rouleau-compresseur de l'évolution.