J'en parlais encore avec une copine hier soir. Elle disait que vers 18ans on commence une relation qui durera 4/5 ans comme une espèce d'apprentissage de la vie, du sexe opposé, de la vie en couple etc. Je ne suis pas aussi sur qu'elle que ce soit vraiment une règle mais c'est vrai que je connais quelques personnes qui ont fait ça, à commencer par moi.

La suite de la discussion a évidemment été un et depuis. Comme par hasard, elle a retrouvé rapidement un copain de transition puis un copain avec qui elle est depuis. C'est à dire exactement de le parcours de mon ex. Et moi ... ben rien de sérieux depuis (bon j'ai fait la copine de transition mais au bout d'un an ...) Elle me dit mais comment ça se fait ? avec un air genre bouge ton cul c'est facile. Là forcément je me mets sur la défensive en essayant d'expliquer que les conditions étaient pas spécialement favorables.

Mais qu'est-ce que des conditions favorables ? Pour moi ça correspond à des opportunités de discuter avec une jeune fille inconnue mais avec un contexte. Contexte le plus répandu, soirée entre amis communs. Là, j'avoue, la discussion peut s'engager dans de bonnes conditions. Mais encore faut-il : que la fille nous plaise, que l'émulation intellectuelle se fasse et surtout, qu'elle soit célibataire. Alors, ma chère Héloïse, je peux t'assurer que réunir toutes ses conditions ça arrive vraiment pas souvent (ce fut ma défense).

Parce que la plus part du temps, sans contexte, les conditions d'approche sont contre nous. Aller parler à une fille dans un bar pour tenter d'engager la conversation sans passer pour un sexe sur pattes, avec 20 milliard d'années de préjugés homme = obsédé sexuel + macho + ..., c'est mission impossible. Et de toute façon, n'étant que le 36ème boulet à tenter sa chance de la soirée, le courageux se ferait rembarrer par, au mieux un petit désolé je suis avec des copines au pire, un regard dédaigneux et un détournement de tête. Finalement c'est ça le problème, nos chères et tendres ont tant et tant de prétendants qu'un de plus ou un de moins ne change rien. Et dire qu'il y a plus de femmes que d'hommes dans le monde, c'est incroyable, la moitié des femmes doivent se cacher sous terre.

Donc oui les femmes ont un avantage. Elles maîtrisent le grand jeu des relations hommes/femmes avec un implacable cruauté envers nous, pauvres petites choses dépendantes de leur humeur.

Et après elles osent nous dire que c'est pas si facile pour elles non plus. Non mais huhu quoi. Qu'un seul mec ose dire que si une fille, même pas super jolie, vient tenter de discuter dans un bar, il va la pourrir.

Bon je sais je généralise. Je me doute qu'il y a des mecs qui doivent pourrir des filles qui viennent leur parler dans les bars (nan mais les cons quoi) et des filles qui accueillent gentiment un mec qui tente sa chance (mais faut déjà oser tenter ça pour espérer en trouver une ... argh)

Mais je suis sûr que des statistiques me donneraient raison. La proportion de mecs dans mon cas doit être bien supérieur à celle de filles. Ce qu'il faudrait en fait c'est que la fille puisse connaître un peu le mec avant que celui-ci vienne lui parler. Qu'il y ait une petite bulle au dessus de notre tête avec marquée notre état d'esprit Je suis un mec gentil et je veux juste discuter avec toi et te connaître, pas te sauter dans les chiottes de la boite. Bien sûr si la fille pouvait avoir une petite bulle avec marquée Je vais pas te foutre la mort devant tes potes, je suis une fille gentille aussi, ce serait le top.

Bisounours world.

Mais en fait, non. Trop facile. Pas marrant.

Parce que finalement, c'est ça le plus intéressant. Être à l'affût comme un chasseur et tenter de décrypter le moindre indice de fissure de la carapace. C'était quoi ce regard ? Qu'est-ce qu'elle voulait dire dans ce texto ? Pourquoi elle m'a mis une grande tarte dans la gueule .. ah non ça je sais pourquoi.

Voilà pourquoi la séduction est la plus grande injustice de tous les temps. Parce qu'elle nous propose un jeu où on a autant de chance de gagner qu'au Loto alors qu'on est incapable de s'empêcher de jouer.

Parce que ces femmes si méchantes, fourbes et calculatrices, on les aime comme des fous.