Pour écrire ce genre de billet, je suis amputé de sources car je n'ai toujours pas internet chez moi et j'écris mes billets le soir. Désolé donc pour la relative imprécision, les prochains billets de réflexion seront plus fournis.

Commençons par le contexte. Le mot banlieue désigne des quartiers populaires souvent constitués de barres de HLM mais pas seulement. Ses banlieues regroupent donc des catégories sociales très « basses », ouvriers, travaux non qualifiés, précaires, trop souvent à temps partiel et, surtout, beaucoup de chômeurs. On voit donc déjà poindre un problème, regrouper ensemble une catégorie de population visiblement moins bien lotie que les autres ne peut qu'entraîner l'accumulation de jalousie, entre autres. Juste pour le plaisir, regardez l'origine du mot.

De plus, ces banlieues regroupent une grande proportion d'immigrés ou descendants d'immigrés, la plupart étant arrivés pendant les 30 glorieuses lorsque la France accueillait à bras ouvert ces ouvriers heureux de trouver du travail dans un pays en plein boum industriel et surtout du travail ouvrier que les français commençaient déjà à bouder.

Mais ce joli monde tout rose est terminé depuis 30 ans, le gros méchant chômage, notamment causé par les délocalisations du travail « non spécialisé », s'est insidieusement installé. Nos chers immigrés étant majoritairement tributaires de ces secteurs industriels, se retrouvent en première ligne des remerciés.

Notre génération est donc née dans ses banlieues devenues synonymes de misère sociale, d'exclus. Pas besoin de chercher plus loin la cause du malaise dont découle les évènements actuels. On a cloîtré ceux dont on ne voulait plus dans des banlieues miteuses pour bien leur faire comprendre qu'ils n'étaient plus les bienvenus. Le nain ayant parachevé le travail par une phrase qui peut paraître anodine mais est d'une gravité extrême : « la France tu l'aimes ou tu la quittes ». Tout est dit. Merci d'avoir bossé pour nous mais maintenant rentrez dans vos pays qui ont subit la perte de main d'oeuvre pendant des années et qui du coup ont vu leur développement ralenti.

Mais comment faire pour inverser la tendance ? Comment faire pour insérer ces gens qui se sentent tellement détestés ou exclus ? Comment faire comprendre à ces jeunes que l'école est importante alors qu'ils sont privés de travail à cause de la discrimination au faciès alors que le shit leur rapporte de l'argent ?

Il est évident qu'aucune solution ne permettra de régler la situation en 2 ans, encore moins la sur-sécurisation, la stigmatisation et les raccourcis faciles du genre jeune rebeu = voyou. Il sera difficile d'oublier la rancoeur et le mépris d'un côté et les préjugés de l'autre.

Alors attention, je ne dis pas qu'il faut plaindre les dealers et autres et les laisser en paix sous prétexte qu'ils ne sont que des victimes de la société. Non. Bien sur qu'il faut les arrêter, bien sur que la police doit faire son travail dans les banlieues et arrêter les criminels.

Mais les efforts ne doivent pas être forcément concentré dans ce sens, la communication ne doit pas appuyer ce point mais justement montrer une main tendue, une compréhension et même d'humbles excuses.

Je trouvais l'idée de la police de proximité géniale. Des policiers pouvant prendre le temps de rentrer en contact avec la population, d'avoir des relations d'homme à homme et plus de policier à hors la loi. De ce dialogue peut découler une compréhension mutuelle et permettre alors de commencer à améliorer doucement les choses.

Alors bien sur, la police de proximité mise en place par Jospin n'a pas changé le monde. Les banlieues ne se sont pas transformées miraculeusement en pays des bisounours. Mais bizarrement, quand Sarko l'a suspendu, tous les habitants interrogés s'en désolaient. Mais la police de proximité ça n'allait pas assez vite pour la politique spectacle du nabot qui essaye de faire croire aux gens qu'on peut entraîner des changements sociétales en 2 mois grâce à des décisions politiques magiques.

La police de proximité, ça rentre dans le cadre de mesures à long terme qui peuvent permettre de renouer le dialogue avec ces gens. Le but c'est de réussir à ce que la prochaine génération soit élevée par des parents qui pourront leur dire « Mon fils, tu vis dans un beau pays qui donne sa chance à tout le monde ». Alors que ceux de notre génération voit leurs parents pauvres, chômeurs et malheureux. L'accent doit être mis sur l'éducation pour permettre aux uns d'avoir autant de chance que les autres à qui on doit apprendre le respect et la tolérance.

Sarkozy s'occupe des banlieues avec sa méthode depuis 2005, vous voyez une amélioration ? Et non, plutôt un fossé qui devient un gouffre et une stigmatisation à son paroxysme. Et pour info, le budget le plus augmenté pour l'année prochaine, c'est la justice. De l'autre côté, on enlève leurs statuts de ZEP à plusieurs milliers de collèges et donc leurs avantages qui vont avec.

Lepen a perdu 7% aux dernières élections, on se demande où sont allés les gens ...

Edith nous gratifie d'un bonus :

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Je précise que j'ai vu l'article après avoir écrit mon billet malgré que les dates semblent prouver le contraire.