Mais ce que je voudrais vous raconter c'est plutôt les conditions dans lesquelles j'ai pu suivre ces matchs. Mais prenons l'historie dans l'ordre et posons tout d'abord le contexte.

Nous partîmes quatre, groupe hétéroclite au possible, je vous laisse juger. David 22 ans, handicapé depuis un accident grave de voiture, son côté droit est pratiquement inutilisable (ça aura son importance). Sylvain, 39 ans, handica... euh pardon commercial (ça aura son importance). Moi, 24 ans, plâtré au bras gauche (ça aura son importance). Et enfin Bernard, 55 ans (aujourd'hui, bon anniv' Berns !), bijoutier (ça n'aura aucune importance, Berns n'est que figurant dans l'histoire). Autre élément important du contexte, nous avons acheté nos places chacun de notre côté et, bien sûr, elles sont numérotés.

Mes chers comparses étant déjà venus la veille me précisent que C'est pas plein on pourra se rejoindre dès que le match commence keep cool baby yeah. Très bien. Nous avions prévu de rejoindre l'ami Berns, le polisson s'étant payé une place plus chère et donc mieux placée. Tant qu'à faire.

Je m'installe avec David pour ne pas le laisser seul et nous attendons tranquillement à sa place, super bien placée dans un coin, le but le plus proche caché par la tribune d'à côté. Super. Au moins, plus de remord à chercher une autre place.

Les 5 dernières minutes avant le début arrivent, nous partons rejoindre le Berns chez les riches à côté de qui encore une dizaine de places sont libres. Après avoir un peu embrouillé le stadier qui de toute façon n'entend rien à cause de la musique pourrie (la musique pourrie aura son importance), celui-ci nous laisse passer. Enfin on passe quoi. On s'assoie avec le Berns, Sylvain nous rejoint, mission accomplie. Ou pas. Car tous les gens décident d'arriver à 30 secondes du coup d'envoi et pouf, on se retrouve debout comme des glands. Berns reste assis à sa place et n'en bougera pas.

Commence alors l'activité principale de la soirée : trouver des gâches. Après avoir tourné 2 minutes (oui ça reste petit un gymnase de hand, même pour la coupe du monde), on s'aperçoit que finalement ... c'est blindé (Ah ben ya plus de monde qu'hier hein ! grmbl...). On décide de monter à l'étage, les stadiers sont moins relous mais toujours pas de place.

Sauf, miracle, 6 places libres dans un ptit coin super bien placé sur le côté presque au milieu. Youpi. Pardon madame, pardon monsieur, hop. Assis. Vu imprenable.

Et là, la Norvège marque un but. POUUUUUUUEEEET BBUUUUUUT (insérez une musique de fête foraine pourrie ici avec son à 400%).

Je crois devenir sourd et je comprend pourquoi les places étaient libres. Je me retourne et découvre ce que j'avais bien imaginé ... une enceinte d'1m50 de haut à ... 1m de nous. Je croise le regard de Sylvain qui grimace en se massant les oreilles. On est bien placé (visuellement..), on a pas envi de rebouger et on a déjà loupé plus de 5 minutes ... aller on reste.

Cette première mi-temps sera un enfer pour les oreilles car chaque but est ponctué par des cris du commentateur agrémentés de bruitages nazes. A la mi-temps, impossible de rester assis car ils passent de la musique pour combler. Un sandwich, une binouze et on retente de trouver des places. En remontant vers notre pigeonnier bruyant, on trouve trois places libres placées plus loin des enceintes. Pardon monsieur, c'est pris ? euh non je crois pas. Hop on s'installe, deux minutes plus tard pardon monsieur c'est nos places. Je regarde le mec qui nous a dit que c'était libre en pensant très très fort que la mémoire de poisson rouge ça se soigne. Ou pas.

Retour sous les enceintes pour la fin du match de la Norvège. Sylvain ne se démonte pas et recommence à chercher des places du regard. Soudaintacoup, il me lamine les côtes du coude pour me montrer 4 places juste en dessous de nous. Dans les places de riches en plus. Faut les choper juste après le match pour pas qu'ils nous fassent chier !. Soit, mais j'avoue que je doutais.

Fin du match, on dégringole les escaliers et on arrive chez les riches, deux des quatre places sont déjà prises, ça commence bien (mais pourquoi je dis commence...). David s'assoie sur une place libre mais potentiellement occupé par un mec parti à la buvette et l'attente commence.

30 minutes plus tard et 30 secondes avant le début du deuxième match (normal), ça ne loupe pas, David se fait virer. On essaye de le faire venir près de nous mais la stadière se pointe et essaye de faire sortir David. Sylvain tente alors des négociations désespérées (commercial powaa) qui ont pour résultats un je vais appeler la sécurité et un ça fait deux fois monsieur. J'en conclue que la séance de lundi n'avait pas été sans heurt malgré ce qu'on m'avait dit.

Dans une ultime tentative désespérée, Sylvain lance un mais il est handicapé en pointant David du doigt. La stadière, goguenarde, rétorque qu'on a qu'à aller devant dans l'espace réservé au bord du terrain pour les handicapés. Elle ne se doute pas que David à réellement une carte d'invalidité et qu'elle vient de nous donner une idée de génie.

Nous descendons donc vers le terrain, la sécurité nous arrête et David sort sa carte. Sylvain dit qu'il l'accompagne. Moi je suis, l'air sûr de moi. Le gorille regarde mon bras, semble tenter de réfléchir mais je suis déjà passé, lui adressant un petit remerciement reconnaissant.

Et après s'être fait jeter comme des mal-propres d'au moins cinq ou six places, nous nous installons au bord du terrain sous les regards ébaillis des 5000 spectateurs (non ils s'en foutent en fait), à côté d'un handicapé perché sur un mix entre un fauteuil roulant et un scooter, assez classe. La première chose que nous faisons est de nous ridiculiser en grands signes de la main vers Berns dans la tribune en face, qui bien sûr ne nous voit pas.

Une stadière, repérant mon bras dans le plâtre, viendra nous demander, sûr d'elle, Jpeux savoir pourquoi vous êtes assis là ? et Sylvain de rétorquer On est avec lui, il a sa carte d'handicapé !. La stadière dévisagera David, nous demandera Vous êtes avec lui tous les deux ? (je vous laisse seuls juges de la stupidité de la question) et repartira, l'air déçu. Huhu.

A la mi-temps, de peur de ne pas repasser une deuxième fois, on a préféré rester assis et c'est David qui est allé chercher à boire. Oui c'est moche mais au point où on en était...

Bon honnêtement, on voyait pas super bien. Les pancartes publicitaires nous cachaient les jambes des joueuses et même si ça faisait du suspense sur les tirs à terre, l'impression de les voir flotter rendait le jeu bizarre. Mais rien que pour le plaisir de voir la tronche des stadiers de la tribune d'en face qui nous avait jetés, ça valait le coup.

Et voilà pour ma soirée coupe du monde, je m'en rappellerai.

Edit : J'avais enlevé une année à Berns, jsuis trop gentil